Cette rencontre tripartite, a eu lieu en marge des festivités du 750e anniversaire de l’ex-Königsberg, capitale de la Prusse orientale jusqu’en 1945. Cette rencontre, s’est déroulée à Svetlogorsk, station balnéaire sur la mer Baltique. Situé à plus de 1200 km de Moscou, Kaliningrad est enclavé entre la Lituanie et la Pologne. La région dispose d’importants atouts économiques. Elle recèle 90 % des réserves mondiales d’ambre et bénéficie d’une rente pétrolière, exploitée par la compagnie Lukoil, qui représente pour l’instant 15 % du budget régional.
Vladimir Poutine, Jacques Chirac et Gerhard Schröder ont tenu un sommet informel, dont la formule fut inaugurée en avril 2003 à Saint-Pétersbourg.
En accueillant ses hôtes dans la station balnéaire de Svetlogorsk, dans la région de Kaliningrad, M. Poutine les a invités à discuter des relations entre la Russie et l’Union européenne.
A quelques jours du sommet du G8 de Gleneagles, Jacques Chirac entendait également convaincre Vladimir Poutine de s’impliquer plus avant dans la lutte contre le réchauffement climatique. Moscou a ratifié le protocole de Kyoto en octobre 2004.
Dossier Kaliningrad
Avant 1945, la ville de Kaliningrad portait le nom de
Königsberg, capitale de la Prusse orientale.
Conformément aux accords de Yalta et de Potsdam, Ã
l’issue de la Seconde Guerre mondiale, la Prusse
orientale, comme l’ensemble des territoires allemands
situés à l’est de la ligne Oder-Neisse, a été placée sous les administrations soviétique et annexée. Pour l’URSS, il s’agissait d’obtenir une portion du territoire allemand en compensation pour les énormes sacrifices humains de l’URSS durant la guerre.
En 1946, ce territoire fut appellé Oblast de Kaliningrad - en l’honneur de Kalinine, le Président du Soviet suprême
décédé la même année - et fut rattachée à la République
Socialiste Soviétique Fédérative de Russie.
Dès lors, Königsberg, détruite à presque 90 pendant la guerre %, fut transformée en ville modèle soviétique. Ainsi, toutes les rues furent rebaptisés en l’honneur de héros soviétiques.
D’une superficie de 15 100 km2, du fait de son statut de quartier général de la Flotte de la Baltique, elle était un territoire fermé aux étrangers, voire même à la majorité des citoyens soviétiques.
Kaliningrad permettait d’obtenir un accès à des ports
libres de glaces toute l’année à l’Est, un avantage
indéniable que Léningrad (l’actuelle Saint-Pétersbourg), la
principale ville portuaire russe, ne pouvait offrir à l’URSS.
Situation politique de Kaliningrad
Territoire le plus à l’Ouest de la Russie, Kaliningrad est
située sur les rives de la Mer Baltique. Séparée de la
Russie par les États baltes et la Biélorussie, elle se trouve en quelque sorte isolée depuis l’éclatement de l’URSS en 1991.
Le 1er mai 2004, l’Union européenne (UE) s’est élargie à dix
nouveaux membres, dont huit sont situés en Europe
centrale et orientale. Cet élargissement accentue l’effet
d’encerclement provoqué par l’élargissement de l’OTAN
en avril de la même année : Kaliningrad se trouve
désormais enclavée dans l’ensemble de coopération
économique et politique européen.
En incorporant cette fois les États baltes, l’OTAN inclut
désormais d’anciens territoires de l’URSS et encercle
complètement Kaliningrad.
Situation économique de Kaliningrad
La population actuelle de Kaliningrad, d’un peu moins de un million d’habitants, se compose à 78 % de Russes, à 10 % de Biélorusses, à 6 % d’Ukrainiens et à 4 % de Lituaniens.
En novembre 2002, le gouvernement russe a signé avec l’UE un accord sur la mise en place d’un document de transit facilité permettant le passage des personnes entre les deux portions de la Russie. Il s’agit en fait d’un visa qui n’en porte pas le nom et qui est gratuit - ou à prix modique pour les entrées multiples.
De plus, peu avant la mise en place du « régime de visa » en Lituanie, le 1er juillet 2003, Moscou a annoncé la baisse des tarifs aériens, au même niveau des coûts du transport par train. Le prix d’un aller-retour entre Kaliningrad et Moscou est ainsi passé à 900 roubles, soit à moins de 30 euros.
Une zone économique spéciale a été lancée en 1992, dont l’objectif est de faire de la région une porte d’entrée pour les échanges entre la Russie et l’UE.
La région dispose d’importants atouts économiques.
Elle recèle 90 % des réserves mondiales d’ambre et bénéficie d’une rente pétrolière, exploitée par la
compagnie Lukoil, qui représente pour l’instant 15 %
du budget régional. Elle possède également des secteurs d’activités dynamiques dans l’industrie du bois, du papier et de la pêche (Kaliningrad représente la deuxième flotte de pêche en importance de toute la Russie et possède de
nombreuses conserveries de poissons).
Viennent s’ajouter les importantes infrastructures portuaires et un potentiel touristique : il existe plusieurs
stations balnéaires au bord de la Baltique et Kaliningrad partage avec la Lituanie un site naturel
unique : le Cordon des Coures, classé au patrimoine
mondial par l’UNESCO.
L’élargissement de l’UE promet d’avoir un impact
économique positif pour la région : la région connaît une croissance soutenue depuis 1999, le fret maritime a doublé
entre 2002 et 2003 et de nombreux projets de
reconstruction urbaine sont prévus.